Nos travaux
"Avec les indésirables-création sonore":
La classe participe au concours "Pour Mémoires" du Mémorial du camp de Rivesaltes, dans la catégorie "artistique". Une brève note d'intention doit précéder la production, la voici:
Thème :
Solidarités en marche, engagement sans faille
Pour dire
non au racisme, à l'antisémitisme et à l'antitsiganisme-
Note d'intention : sujet (création sonore exprimant la solidarité), genre (artistique) et mode d'écriture (collectif).
Avec notre classe de 4e, nous avons visité le camp et la guide nous a raconté.
Il y a avait du silence. On a vu beaucoup, à Rivesaltes.
Notre professeur de musique et nous avons capté des bruits : celui d'une pie, de pas dans les cailloux, du vent… On a cherché d'autres bruits, ceux de notre marche autour des baraques lors de la visite, en écho à ceux des internés, et qui diraient notre solidarité pour ces histoires douloureuses.
De retour en classe, on a aussi ajouté de l'alto, et des mots, pour dire non au racisme, à l'antisémitisme, à l'antitsiganisme, aux discriminations et à la maltraitance des exilés du monde entier.
On a tout mélangé et voilà notre morceau collectif :
Voici la transcription du support écrit de cette création sonore originale.
« Avec tous les indésirables- création sonore »
Etranger… abandonné.
Des prisonniers…
Seuls.
Des immigrés ; des indésirables.
Malaise.
Déporté. Maltraité. Guerres, barrières.
Tristesse. Peur.
Savoir s'attendre au pire.
Des malades.
Peine. Malheur.
Ils ne mangeaient que quelques bouts de pain.
Le vent n'est pas leur ami.
Enfermement ; violence ; souffrance.
Travailler jusqu'à l'épuisement.
Des latrines ouvertes ; les besoins dans l'herbe qui contaminent la terre.
Ils doivent sauter d'un train pour survivre.
Serrés à 60 voire plus dans une toute petite baraque…
Fuir l'impossible.
Silence
Seuls
Vide
Patience
Courage
Les gens ne comptent pas combien de temps ils resteront ici mais plutôt combien de temps il leur reste avant la mort.
La violence étalée sur le corps des innocents,
Dans le camp de Rivesaltes.
Des textes sur la visite du Mémorial de Rivesaltes - "objet de mémoire": la consigne d'écriture longue réclamait que les élèves expriment par écrit leur ressenti face à un des objets de mémoire présentés par l'exposition temporaire du Mémorial, dont la visite a eu lieu le 29 janvier...
Les textes ont été écrits, puis saisis par traitement de texte. Quelques extraits, témoins de la sensibilité des élèves!
* * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * . * * * * * * * * * * * * * * * * * * * *
"Au mémorial, quand nous sommes rentrés sur les lieux de l'exposition, un objet a attiré mon regard : un cartable.
Qu'est-ce qu'il faisait là ? Rien. Il demeurait, immobile, vide, usé.
Partout autour, il y avait des photos de gens dont on avait parlé toute la journée, pendant la visite du camp. Notre rencontre à lui et moi était due à la sortie au camp de Rivesaltes que nous faisons, avec ma classe.
Ce cartable peut avoir appartenu à un enfant juif habitant en Bourgogne, arraché à sa vie par les nazis à cause de son étoile jaune. Les allemands ont débarqué dans la salle de classe ou sur le chemin de l'école qu'il arpentait avec ses parents, et ils les ont emmenés de force au camp. Il n'a même pas eu le temps de poser son sac. Cet enfant enfermé séparé de son père était trop faible et mal nourri. Maigre, il savait qu'il ne ressortirait pas vivant de Rivesaltes, alors il l'offrit à une mère pour son nouveau-né.
Un enfant des années 40 a eu froid, faim et son cartable me transmet cela. L'horreur émane de lui comme une vague de glace. Pourquoi certains humains sont condamnés à être enfermés par d'autres, uniquement pour ce qu'ils sont ? Pourquoi certains se sentent différents ou supérieurs aux autres ? De mon passage au mémorial, je me souviens du bâtiment sortant de la terre, comme la mémoire de ceux qui y ont souffert.
Je me souviens aussi du vide du ciel, de l'herbe séchée à perte de vue. Cent ans auparavant, les indésirables les regardaient aussi, sans sauveurs. Je recueille toute la mémoire et la transmets aussi." (Arya)
***** ***** ***** ***** *****
"Une chose que j'ai aimée de Rivesaltes c'est l'ambiance : elle était calme, il y a avait du silence et aussi on a vu beaucoup à Rivesaltes; on a fait le tour entier de l'endroit.
Avec M.ASSIE on a fait des bruits avec une machine qui captait tous les bruits, on a fait des bruits de pie, de caillou, le vent dans les éoliennes. M.ASSIE a enregistré tous les bruits qu'on avait faits, et à Rivesaltes et en classe ; on avait tout mélangé et voila la musique « nature Rivesaltes »." (Aron)
***** ***** ***** **** *****
"J'ai vu une mystérieuse boite en bois fermée par plusieurs serrures en fer, et quand j'ai regardé par l'une d'elle, j'ai remarqué qu'il y avez plusieurs lettres. J'ai donc, par curiosité, lu une de ces lettres et à la fin celle-ci se trouvés les mots : « Je vous aime ». Et devant il y avez un bourdon mort. Si je devais m'imaginer une histoire pour cette lettre, ce serait celle d'un républicain espagnol qui, avant de se faire enfermer, écrit une lettre à «ses Poupettes ». Il disait dedans qu'il était en bonne santé et qu'il aller bien. En réalité il allait leur écrire la dernière qu'elles n'allaient même pas recevoir. On le conduit à part pour lui enlever toutes ses affaires. Dans l'une de ses poches se trouvait la lettre, il la serra de toutes ses forces mais on lui prit des mains. On l'interrogea ensuite, sur tout et n'importe quoi. Puis on le mena sur une plage fermée par des barbelés dans le froid et la faim. Moi qui n'ai pas vécu et qui ne les ai pas ressenties, ces choses-là, j'ai l'impression que je n'ai comme pas le droit de dire que j'ai ressenti un malaise car ce serait un peu comme manquer de respect à ces personnes..." (Enola)
***** ***** ***** **** *****
L'exposition m'a aussi fait rencontrer une simple bille. Derrière cette bille il y avais des enfants innocents qui ont été emprisonnées avec leur famille pour ce qu'ils sont. Ils avaient encore espoir, ils pensaient que ça allait finir.
Ils s'amusaient avec ce qu'ils avaient. Ils mangeaient du vrai bas de gamme comme du Rutabaga. Les seuls qui les ont aidés c'était la croix rouge de Suisse. (Yassin)
***** ***** ***** **** *****
Le cahier de poésie avait des dessins, des dessins joyeux de soleils par exemple. Je pense que ce cahier était à une petite fille espagnole qui a écrit et dessiné des poésies et des dessins pour s'échapper de la réalité du camp de Rivesaltes et avoir un monde à elle comme une bulle. Je pense que le sentiment qu'elle a pu ressentir au camp est la tristesse car peut-être elle fut séparée de ses parents. Souvent les enfants étaient séparés de leurs parents ; peut -être que c'est la cause pour laquelle elle fait de la poésie. (Samy)
***** ***** ***** **** *****
Dans ce camp il y avait ce que l'on appelle « le Mémorial », un bâtiment enfoui sous la terre qui émerge de celle-ci. Ce bâtiment sert à conserver l'histoire de ce camp mais aussi à la raconter. Après avoir fait un petit tour de ce camp, nous sommes entrés dans ce bâtiment étrange qui dégageait une atmosphère de solitude, de tristesse et de noirceur.
Après être entré dans ce mémorial, j'ai vu plusieurs dizaines d'objets historiques avec chacun son histoire, notamment ces munitions qui m'ont particulièrement intrigué car elles étaient au sol et en face de l'entrée au loin.
Les balles était dorées, des fois plus rouillées mais souvent pointues. Ces balles me renvoient surtout à la violence commise sur les « Indésirables ». Ces munitions appartenaient aux gardes. Cela me fait ressentir de la colère envers ces gardes qui maltraitaient ces réfugiés. Cette visite m'a touché énormément, il m'a délivré tous ses sentiments et tout un pan de l'histoire. (Kamil)
***** ***** ***** **** *****
"Autoportrait fil barbelé".
Mon regard s'est tourné vers ce miroir. Il était recouvert d'un fil barbelé rouillé.
C'était étrange surtout le fait de pouvoir voir son reflet à l'intérieur !
J'imagine les enfants, les adultes, les personnes âgées ou même les nouveau-nés à travers ces fils ; j'arrive aussi à imaginer ces militaires sans cœur les installer, les émotions sûrement dévastées des prisonniers
Mais qui peut leur en vouloir ? Car ils venaient sûrement de comprendre qu'ils étaient enfermés, et pour de bon." (Basillia)
Des lettres, en anglais!
"Cette année les 4B ont eu la chance d'être choisis pour participer à un échange épistolaire avec DULWICH COLLEGE, une école anglaise située à Londres fondée en 1619 qui accueille des élèves de deux à dix-huit ans.
L'aventure a commencé : les élèves de GERARD PHILIPE ont envoyé leur première lettre et après avoir attendu frénétiquement la grande enveloppe tamponnée Royal mail, ils ont enfin pu lire la réponse de leur camarade d'outre-manche. Voici, en exclusivité, quelques exemples de ces intéressantes et passionnantes correspondances. Bonne lecture !" (Madame Aquilina)


Pour dénoncer les préjugés, l'affiche d'Aron est vraiment touchante et réussie!

Des affiches pour dénoncer les préjugés racistes....
Le Mémorial de la Shoah a envoyé au collège une médiatrice formidable, Lola Quintin!
Le thème de l'atelier, "les préjugés racistes et antisémites à travers l'histoire" a permis à la 4B d'approfondir ses connaissances sur la formation des préjugés, souvent bien commodes pour justifier des dominations, des exploitations etc.
Madame Quintin a pu constater le vif intérêt de la classe pour ces sujets; et que les élèves ont déjà un vrai petit bagage historique, aussi bien sur l'histoire de la colonisation que sur les traites ou encore les idées reçues. Même si la Seconde guerre mondiale n'est au programme que de la 3eme, ils ont déjà leur culture personnelle, et une belle curiosité, prometteuse!
Après des échanges oraux, des activités en îlots et études de documents, c'est le moment de créer des affiches pour dénoncer les préjugés!
WORK IN PROGRESS...

Un diaporama exceptionnel sur la sortie du 13 Novembre aux archives départementales TIFANI
Le 6 novembre, Olivier Bertrand est venu donner en salle polyvalente, à l'invitation de l'ONaCVG une conférence sur le maquis Bir-Hakeim. La 4eB a ensuite rendu compte de cette séance pas comme les autres, avec des articles:
Les imprudents CHAHID
Le jeudi 6 novembre, la 4°B et la 3°C ont été invitées à une conférence d'Olivier Bertrand, sur sa vie, et surtout son livre nommé « Les imprudents ».
Il a raconté l'histoire émouvante de jeunes résistants (à peine plus âgés que nous), qui combattent l'occupation nazie pendant la seconde guerre mondiale.
Tout cela se passe à Douch dans l'Hérault, dans le village où les 2 premiers maquisards sont tués, mais aussi dans le village des Crottes, village d'Olivier Bertrand en Ardèche du Sud, ou encore à la Parade en Lozère.
Olivier Bertrand a mené une enquête pour retrouver le nom et rendre hommage à un résistant, "l'inconnu" parce que personne ne savait comment il s'appelait : dans les tombes, tout le monde avait des prénoms, sauf lui et ça, Olivier, ça l'a intrigué et rendu triste! Par ailleurs, tous les résistants avaient des pseudonymes et l'inconnu, on le surnommait "grand-père", si je ne me trompe pas, mais toujours pas son vrai nom!
Tous les ans quand le village commémorait le massacre du maquis, pour cette tombe, on disait juste: "un inconnu, mort pour la France".
J'ai appris que ces jeunes ont préféré défendre la liberté et la France, et risquer leurs vies, plutôt que d'aller à l'école ou travailler comme si de rien n'était.
Ces jeunes ont participé aux combats du maquis.
Ces résistants changeaient d'emplacement chaque fois qu'ils se faisaient repérer et dans chaque emplacement, ils coupaient un tronc d'arbre, pour le mettre bien droit, et y mettre le drapeau de la France. Olivier Bertrand a dit qu'on appelle cela "le lever des couleurs".
Le drapeau chaque matin va être levé pour rendre hommage aux Français et aussi pour célébrer les valeurs de la république, contre Vichy et Pétain qui collaborent avec les allemands qui occupent la France !
Ces jeunes refusaient que les nazis occupent leur pays.
J'ai ressenti beaucoup d'émotion et de respect pour eux, pour ce qu'ils ont fait, parce qu'il ont presque notre âge: c'est très courageux !
C'est important pour les futurs citoyens car il faut comprendre la valeur de la liberté, réfléchir sur le courage et entretenir la mémoire de ces luttes contre l'injustice, pour l'avenir.

Comptes-rendus
Pendant la rencontre du 26 septembre avec les retraitées bénévoles de SOS Méditerranée, les élèves devaient poser leurs questions mais aussi prendre des notes... Puis, ils ont eu le week-end pour rédiger leur compte-rendu. Sens de l'écoute, sensibilité, altruisme et capacités rédactionnelles ont été mobilisés.

